Potager en pente en permaculture

potager en pente en permaculture
Cultiver un potager en pente permaculture demande des techniques spécifiques pour retenir la terre et lutter contre l'érosion. Cet article explore les méthodes efficaces pour aménager un terrain pentu tout en respectant les principes de la permaculture.
💡 Astuce pour créer des terrassesPour créer des terrasses sur un terrain pentu, utilisez des murets de pierre ou de bois pour séparer les différents niveaux. Cela permet de retenir la terre et de créer des microclimats variés favorables à la culture de nombreuses espèces.

Retenir la terre et lutter contre l'érosion

Lorsque l'on souhaite aménager un potager sur un terrain en pente, l'un des plus grands défis est de retenir la terre et d'éviter l'érosion. Sur une pente, la terre a tendance à glisser et à s'éroder rapidement, ce qui rend difficile l'enracinement des plantes et peut compromettre la stabilité du terrain. C'est pourquoi il est crucial de mettre en place des solutions pour retenir la terre et lutter contre l'érosion.

Les méthodes pour retenir la terre

Plusieurs méthodes existent pour stabiliser la terre sur un terrain en pente. L'une des plus simples consiste à utiliser des matériaux tels que des planches en bois ou des parpaings pour créer des barrières qui retiendront la terre. Ces structures peuvent être installées perpendiculairement à la pente, à intervalles réguliers, pour former des terrasses. Une autre solution très efficace est la construction de murets en pierre, également appelés restanques dans le sud de la France. Ces murs de soutènement traditionnels permettent de créer des terrasses stables et durables. Cependant, leur réalisation demande des connaissances spécifiques, notamment pour le calcul de la résistance, le drainage des eaux et la pente à donner. Il est donc recommandé de faire appel à un professionnel pour garantir la qualité et la sécurité de l'ouvrage.

Les couvre-sols pour limiter l'érosion

En complément des structures de soutènement, l'utilisation de couvre-sols est une excellente façon de retenir la terre et de prévenir l'érosion. Les couvre-sols sont des plantes tapissantes qui vont s'étaler sur le sol et le protéger grâce à leurs racines. Ils ont aussi l'avantage d'apporter de la matière organique et des nutriments au sol en se décomposant. Parmi les couvre-sols adaptés aux terrains en pente, on peut citer le trèfle blanc, la marjolaine, le thym serpolet ou encore le lierre.

Les coûts d'aménagement des terrasses

Aménager des terrasses sur un terrain en pente représente un certain investissement, tant en termes de temps que d'argent. Si vous souhaitez réaliser les travaux vous-même, il faudra louer les machines nécessaires comme une mini-pelle ou un bulldozer. Comptez environ 150 à 300 € par jour de location selon le type d'engin. Si vous préférez faire appel à un professionnel, le coût dépendra de la surface à aménager et de la complexité du terrain. En moyenne, le terrassement revient à 30-50 € par m2. Pour un jardin de 100 m2 par exemple, cela représente un budget de 3000 à 5000 €. La vitesse d'exécution des travaux dépend elle aussi de nombreux facteurs, mais il faut généralement compter 1 à 2 semaines pour terrasser 100 m2. Bien que l'aménagement de terrasses sur un terrain en pente demande un investissement initial important, c'est un excellent moyen de valoriser un jardin et de le rendre propice à la culture. Avec des structures de soutènement solides et des couvre-sols adaptés, vous pourrez créer un beau potager en permaculture, productif et durable, tout en luttant efficacement contre l'érosion.

Terrassement et création de microclimats

Le terrassement est une technique essentielle pour aménager un potager en pente selon les principes de la permaculture. En créant des terrasses, on peut non seulement retenir la terre et éviter l'érosion, mais aussi optimiser l'espace cultivable et créer des microclimats favorables à une grande diversité de plantes.

Construire des murs de soutènement

Pour créer des terrasses, il faut d'abord construire des murs de soutènement qui vont retenir la terre et délimiter les différents niveaux. On peut utiliser différents matériaux selon les ressources disponibles et l'esthétique souhaitée :
  • Des pierres empilées à la manière des restanques provençales, en veillant à bien les imbriquer pour assurer la stabilité du mur.
  • Des rondins de bois disposés horizontalement et maintenus par des pieux verticaux.
  • Des planches en bois traité, fixées à des poteaux pour former un coffrage.
L'espacement et la hauteur des murs dépendront de la déclivité du terrain. Plus la pente est forte, plus les terrasses devront être étroites et les murs hauts. Il faut aussi penser à intégrer un système de drainage pour évacuer l'excès d'eau.

Valoriser les microclimats

En créant des terrasses, on modifie localement les conditions d'ensoleillement, d'exposition au vent et d'humidité du sol. Cela permet d'obtenir une mosaïque de microclimats au sein du potager, et donc de cultiver une plus grande variété de plantes :
  • Les terrasses du bas, plus fraîches et humides, seront propices aux légumes feuilles et aux plantes aromatiques.
  • Les terrasses intermédiaires conviendront bien aux légumes-racines, aux choux, courges, tomates et autres légumes-fruits.
  • Les terrasses du haut, plus chaudes et sèches, seront idéales pour les plantes méditerranéennes comme les artichauts, aubergines, poivrons, ail et herbes de Provence.

Un exemple concret de potager en terrasses

Mon expérience personnelle illustre bien les bénéfices du terrassement en permaculture. Sur un terrain en pente d'environ 20%, j'ai aménagé 5 terrasses de 1m20 de large, soutenues par des murs en pierre d'une hauteur de 50 à 80 cm. J'ai rempli les terrasses d'un mélange de terre et de compost, puis j'ai installé un système de goutte à goutte avec des tuyaux poreux pour irriguer chaque niveau. En seulement 2 saisons, j'ai pu récolter une abondance de légumes variés, depuis les salades et radis au printemps jusqu'aux courges et tomates à l'automne, en passant par les haricots, betteraves, pommes de terre, choux, carottes, poireaux... Bref, un véritable garde-manger à flanc de colline ! De plus, les microclimats créés par les terrasses m'ont permis de faire des expériences avec des plantes inhabituelles pour ma région, comme les aubergines, poivrons et même un olivier.

Choisir les bonnes cultures pour un potager en pente

Pour réussir un potager en pente tout en respectant les principes de la permaculture, il est essentiel de bien choisir les cultures adaptées à ce type de terrain. Certaines plantes sont en effet idéales pour optimiser l'espace, faciliter l'entretien et obtenir de bons rendements malgré la déclivité du sol.

Les herbes aromatiques, stars des potagers en pente

Avec leur faible encombrement et leur rusticité, les plantes aromatiques comme le thym, le romarin, la sauge ou l'origan sont parfaitement adaptées aux potagers en pente. Elles se contentent de peu de terre et résistent bien à la sécheresse, fréquente sur ces terrains très drainants. En les disposant en bordure des terrasses ou en couvre-sol, elles stabilisent efficacement le sol grâce à leurs racines.

Misez sur les légumes à feuilles et les petits fruits

Parmi les légumes, privilégiez ceux à feuilles comme les salades, les épinards, les blettes ou les choux. Peu gourmands en espace et en eau, ils donneront d'excellents résultats sans demander trop d'efforts. Les petit fruits tels que les fraises, les framboises ou les myrtilles prospèreront également dans un potager en pente, à condition de les paillier généreusement pour conserver la fraîcheur du sol.
Culture Rendement moyen au m²
Laitue 5 à 8 plants
Épinard 2 à 3 kg
Fraisier 1 à 1,5 kg

Tomates et poivrons, des valeurs sûres en terrain pentu

Côté légumes-fruits, les tomates et les poivrons se cultivent aisément en pente, à condition de les tuteurer ou de les palisser pour éviter que les fruits ne touchent le sol. Optez pour des variétés vigoureuses et productives comme la tomate 'Marmande' ou 'Noire de Crimée' et le poivron 'Corno di Toro'. Sous abri, vous pouvez espérer jusqu'à 8 kg de tomates et 3 kg de poivrons par plant !

Nos conseils

  • Installez des plantes grimpantes comme les pois, les haricots ou les courges sur des treillages pour optimiser l'espace vertical
  • Paillez abondamment pour protéger le sol de l'érosion et conserver l'humidité
  • Enrichissez la terre avec du compost ou du fumier bien décomposé pour stimuler l'activité biologique
En choisissant judicieusement vos cultures, vous transformerez votre potager en pente en un écosystème foisonnant, productif et facile à vivre, dans le plus pur esprit de la permaculture !

L'arrosage et la gestion de l'eau

L'arrosage est un aspect crucial de la gestion d'un potager en pente en permaculture. Dans ce type de terrain, l'eau a tendance à s'écouler rapidement, ce qui peut entraîner une sécheresse du sol et un stress hydrique pour les plantes. Il est donc essentiel de mettre en place des stratégies d'arrosage efficaces pour optimiser l'utilisation de l'eau et maintenir une humidité adéquate pour les cultures.

Tuyaux poreux et mulching

L'utilisation de tuyaux poreux, également appelés tuyaux goutte-à-goutte, est une solution économique et efficace pour arroser un potager en pente. Ces tuyaux, percés de petits trous, permettent une distribution lente et régulière de l'eau directement au pied des plantes. Cela réduit l'évaporation et favorise une absorption optimale de l'eau par les racines. Le coût des tuyaux poreux varie entre 0,50 € et 1 € le mètre linéaire, selon le diamètre et la qualité. Le mulching est une autre technique essentielle pour conserver l'humidité du sol. Il consiste à recouvrir le sol d'une couche de matériaux organiques, tels que des copeaux de bois déchiquetés (Fibralgo) ou du bois raméal fragmenté (BRF). Le mulch protège le sol du soleil et du vent, limitant ainsi l'évaporation. De plus, en se décomposant, il enrichit le sol en matière organique, améliorant sa structure et sa capacité de rétention d'eau. Comptez environ 3 à 5 € par m² pour un mulch de qualité.

Récupérateurs d'eau de pluie

L'installation de récupérateurs d'eau de pluie est un excellent moyen de collecter et de stocker l'eau pour l'arrosage ponctuel de votre potager en pente. Placés sous les gouttières de votre maison ou des abris de jardin, ces récupérateurs permettent de récolter l'eau de pluie gratuite et de l'utiliser pendant les périodes sèches. Il existe différents modèles et capacités, allant de 200 à 1000 litres, avec des prix variant de 50 à 200 €. Pour une installation optimale, il est recommandé de placer les récupérateurs en hauteur, sur un support stable, afin de faciliter l'arrosage par gravité avec un tuyau ou un arrosoir. Prévoyez également un couvercle pour éviter la prolifération des moustiques et une crépine pour filtrer les débris. Un récupérateur de 500 litres, installé avec un support et les accessoires nécessaires, vous coûtera environ 150 €.

Conseils pratiques pour les jardiniers débutants

  • Commencez par installer des tuyaux poreux sur les rangs de cultures les plus exigeants en eau, comme les tomates, les concombres et les courges.
  • Recouvrez le sol de votre potager avec un mulch organique d'une épaisseur de 5 à 10 cm, en prenant soin de ne pas le tasser.
  • Placez vos récupérateurs d'eau de pluie à proximité des zones de culture pour faciliter l'arrosage manuel avec un arrosoir.
  • Surveillez régulièrement l'humidité du sol en y enfonçant votre doigt. Si le sol est sec sur les 5 premiers centimètres, il est temps d'arroser.
En combinant ces différentes techniques d'arrosage et de gestion de l'eau, vous optimiserez l'utilisation de cette ressource précieuse dans votre potager en pente, tout en favorisant la croissance et la santé de vos cultures.

À retenir sur le potager en pente permaculture

L'aménagement d'un potager en pente selon les principes de la permaculture permet de créer des microclimats favorables à la culture de diverses plantes. À l'avenir, on peut s'attendre à voir se développer davantage ce type de potagers, résilients face aux changements climatiques et respectueux de l'environnement. Une belle opportunité de renouer avec des pratiques ancestrales adaptées aux terrains escarpés.
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