Crottin de cheval ramassé dans une brouette près d’un paddock et d’une zone de compostage

Le crottin de cheval désigne les déjections solides, ou matières fécales, produites par l’animal après la digestion de son alimentation, composée avant tout de fourrages. Il contient de l’eau, des fibres végétales partiellement transformées, et des matières organiques et minérales. Ne le confondez pas avec le fumier, qui mélange crottins, urine et litière : cette différence compte, comme vous le verrez plus loin. Observer son aspect donne des repères utiles sur la digestion du cheval. Bien géré puis composté, il devient une matière organique que vous pouvez valoriser au jardin. Ce guide vous aide à le reconnaître, le distinguer du fumier, le gérer puis le valoriser.

Qu’est-ce que le crottin de cheval ?

Le cheval est un herbivore dont l’appareil digestif transforme une ration composée principalement de fourrages : herbe, foin, parfois complétés par des concentrés. Une partie de cette ration résiste à la digestion et se retrouve dans le crottin, sous forme de fibres végétales partiellement dégradées. Plus la ration est riche en fibres, plus cette part non digérée est importante.

Le crottin est ainsi composé d’eau, de fibres végétales, ainsi que de matières organiques et minérales issues de la digestion. Cette description reste volontairement générale : il ne s’agit pas d’une matière aux teneurs fixes.

La teneur en eau et l’aspect général varient selon l’alimentation, la part d’herbe ou de foin consommée, et l’hydratation de l’animal. Il n’existe donc pas un crottin type, mais des crottins qui changent d’un cheval à l’autre, comme vous le verrez à la section suivante.

Quelle différence entre crottin et fumier de cheval ?

Le crottin correspond uniquement aux déjections solides du cheval. Le fumier de cheval, lui, désigne généralement le mélange des crottins, de l’urine et de la litière utilisée dans le box : paille, copeaux de bois ou d’autres matériaux absorbants. Cette différence est importante : elle change la composition de la matière et son comportement au compostage.

Selon l’hébergement du cheval (box, paddock, semi-liberté) et la litière utilisée, on récupère des matières différentes : du crottin pur, un fumier plus ou moins pailleux, ou un fumier à base de copeaux. C’est ce que détaille la fiche technique des Chambres d’agriculture sur les fumiers d’équins.

Un fumier pailleux ou à base de copeaux apporte ainsi davantage de matière carbonée que le crottin seul, ce qui influence l’équilibre du futur compost et sa vitesse de décomposition, comme le résume le tableau ci-dessous.

Crottin seul Fumier pailleux Fumier à base de copeaux
Matière carbonée Faible Modérée à importante Importante
Comportement au compostage Se décompose facilement, si humidifié Souvent sec : à humidifier et hacher Décomposition plus lente
Point d’attention Peu de matière structurante Arrosage nécessaire Davantage de surveillance

Si votre cheval est hébergé sans aucune litière, la page consacrée à utiliser du crottin de cheval sans paille traite ce cas particulier.

Différences entre crottin de cheval, fumier pailleux et fumier à base de copeaux

À quoi ressemble un crottin de cheval normal ?

L’aspect d’un crottin est un repère d’observation parmi d’autres, utile au suivi général de la santé du cheval. Il ne s’agit toutefois pas d’un outil de diagnostic : un aspect inhabituel ne permet pas, à lui seul, d’identifier une cause précise.

Consistance, couleur et odeur

Chez un cheval adulte en bonne santé, les crottins sont habituellement bien moulés, légèrement humides et ne dégagent pas d’odeur désagréable, selon les repères du RESPE, le Réseau d’Épidémio-Surveillance en Pathologie Équine.

La teinte, généralement du vert au brun, et l’odeur peuvent varier selon l’alimentation, sans règle absolue. Cela dépend notamment de :

  • la ration (herbe, foin, concentrés) ;
  • la part d’herbe fraîche consommée ;
  • l’hydratation de l’animal ;
  • le fonctionnement digestif propre à chaque cheval.

Fréquence et variations liées à l’alimentation

Il n’existe pas de nombre de crottins à considérer comme la norme : cela dépend avant tout de la quantité ingérée et de la digestibilité de la ration. Une alimentation à base de foin ou d’herbe produit généralement davantage de crottins qu’une ration plus concentrée.

Un changement d’alimentation, même temporaire, peut modifier l’aspect ou la fréquence pendant quelques jours, sans que cela soit anormal. Ce qui compte, c’est de connaître les habitudes propres à votre cheval : ce qui est normal pour l’un peut ne pas l’être pour l’autre.

Quels changements doivent attirer l’attention ?

Certains changements, surtout s’ils sont marqués ou durables, méritent votre attention :

  • des crottins exagérément liquides, voire une diarrhée ;
  • des crottins particulièrement secs ;
  • une odeur inhabituelle et nettement désagréable ;
  • un changement brutal ou durable de fréquence ;
  • une présence inhabituelle de sang ;
  • un arrêt des crottins associé à d’autres signes anormaux.

Source : RESPE, Réseau d’Épidémio-Surveillance en Pathologie Équine.

Ces situations peuvent justifier de contacter un vétérinaire, sans qu’il s’agisse ici d’établir un diagnostic ou de recommander un traitement.

Pourquoi ramasser les crottins de cheval ?

Dans les paddocks et les zones très fréquentées, les crottins ont tendance à s’accumuler, ce qui pose une question d’entretien et de confort, pour le cheval comme pour vous.

Le ramassage a aussi un rôle dans la gestion du parasitisme : les petits strongles, des parasites présents dans l’intestin du cheval, pondent des œufs excrétés dans les crottins, et leur développement en larves est plus rapide quand la température augmente. Ramasser réduit donc l’infestation, surtout dans les paddocks dits « de détente ». Le guide sur le parasitisme des équins de la Chambre régionale d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine confirme cette mesure de prévention.

Une nuance s’impose toutefois : les crottins ne sont pas que des déchets. Laissés dans une prairie, ils se décomposent et restituent de la matière organique au sol, tout en nourrissant une faune coprophage ; un ramassage systématique peut donc appauvrir cette diversité. Il déplace par ailleurs la question des résidus de vermifuge présents dans les crottins, traitée plus loin.

Que faire du crottin de cheval une fois ramassé ?

Une fois les crottins ramassés, plusieurs options s’ouvrent à vous :

  • un stockage temporaire ;
  • un vieillissement naturel ;
  • un compostage, pour obtenir une matière plus stable ;
  • une valorisation comme matière organique, auprès d’agriculteurs ou de jardins partagés ;
  • une utilisation au jardin, après une transformation adaptée.

Le choix dépend du volume disponible, de la présence de litière, du degré de décomposition, de l’espace dont vous disposez et de l’utilisation finale envisagée. Les sections suivantes détaillent l’intérêt agronomique, la question du frais, le compostage et l’utilisation au jardin.

Calculez la quantité de crottin ou de fumier à gérer

Estimez la quantité de déjections produite par vos chevaux, le volume de fumier à stocker et les dimensions indicatives de votre zone de stockage. Les résultats sont des ordres de grandeur : le volume réel varie selon le poids du cheval, la litière, le curage, l’humidité et le tassement.

En heures par cheval et par jour. Comptez le box et, le cas échéant, les paddocks effectivement ramassés.
Les repères DEXEL sont disponibles à 2, 4 et 6 mois. Les durées intermédiaires sont interpolées.

Votre estimation

Référence DEXEL

Crottin / déjections collectés — hors litière

≈ 25 kg/jour ≈ 9,1 t/an

Fumier avec litière — avant stockage

0,05 à 0,07 m³/jour 1,6–2,0 m³/mois · 19,5–24,0 m³/an

Capacité de stockage indicative

4,0 m³ Emprise au sol : 2,0 m² à 2 m de haut

Dimensions intérieures indicatives

1,5 × 1,5 m Pour un ouvrage carré de 2 m de haut, arrondi au décimètre supérieur.

À retenir : il s’agit d’ordres de grandeur. La quantité réelle varie notamment selon le poids du cheval, son alimentation, la quantité de litière, la méthode et la fréquence de curage, l’humidité, la fermentation et le tassement.

Méthode de calcul et sources

Le repère de 25 kg de déjections par jour correspond à un cheval d’environ 450–500 kg ; il est ajusté ici au temps passé dans une zone effectivement ramassée. Les fourchettes de volume avant stockage proviennent des ordres de grandeur publiés selon les litières. Pour le stockage, les références DEXEL reprises par l’IFCE sont prioritaires : 2 m² par cheval à 2 mois, 3,35 m² à 4 mois et 4,60 m² à 6 mois, avec une hauteur de 2 m. Elles sont multipliées par le nombre de chevaux et par la part de journée effectivement collectée, sans être déduites du volume quotidien brut. Les valeurs à 3 et 5 mois sont des interpolations indicatives entre ces repères et ne reproduisent pas exactement les phénomènes de tassement ou de fermentation. Source principale : IFCE — Estimer sa production de fumier . Pour le crottin sans litière, la fourchette volumique utilise aussi les repères publics du NRCS et du comté de Snohomish .

Le crottin de cheval est-il bon pour le jardin ?

Le crottin de cheval, une fois transformé en matière organique stable, peut être bon pour le jardin, au potager comme sur les massifs, à condition d’être utilisé à bon escient : il ne s’agit pas d’une solution fertilisante universelle, mais d’un apport qui agit avant tout sur le sol.

Les fumiers et composts équins améliorent les propriétés physiques, chimiques et biologiques du sol, grâce à leur matière organique stable, et favorisent l’activité biologique du sol.

C’est pourquoi on parle plutôt d’amendement que d’engrais : l’azote qu’ils contiennent est majoritairement organique, et sa libération dans le sol nécessite une minéralisation progressive. À quantité d’apport égale, une matière compostée a un effet plus marqué sur la teneur en matière organique du sol qu’une matière brute.

Pour aller plus loin sur les grandes cultures, vous pouvez consulter la composition du fumier et son utilisation au champ.

Peut-on utiliser du crottin de cheval frais ?

Il n’y a pas de réponse binaire à cette question : cela dépend de la nature de la matière, de la quantité apportée, du type de sol, de la culture, du mode d’application (en surface ou incorporé) et du degré de maturation déjà atteint.

Une matière fraîche, surtout riche en paille ou en copeaux, se décompose dans le sol en mobilisant de l’azote, ce qui peut pénaliser une culture installée trop tôt après l’apport : c’est ce que l’on appelle la « faim d’azote ».

Elle peut aussi contenir des graines de plantes indésirables, qui résistent parfois même au compostage.

Source : ADEME, Agir pour la transition (« 5 règles pour réussir son compost »).

Une matière vieillie ou compostée est généralement plus simple à utiliser : plus stable, de texture plus homogène, elle facilite le dosage. Il est donc préférable d’utiliser les fumiers de chevaux après une phase de compostage si vous recherchez un apport de matière organique stable.

Ni le frais ni le composté ne sont donc à écarter par principe : le bon choix dépend de votre situation.

Comment composter le crottin de cheval ?

Le compostage est une transformation de la matière organique assurée par des micro-organismes, qui ont besoin d’air et d’humidité. Le comportement du tas dépend fortement de sa composition, notamment de la présence de litière.

Étapes pour composter le crottin de cheval jusqu’à l’obtention d’un compost mûr

Les conditions d’un bon compostage

Un bon compostage repose sur plusieurs conditions :

  • un équilibre entre matières azotées et matières carbonées : un crottin très pur gagne à être mélangé à des déchets verts broyés ou à de la paille ;
  • une humidité suffisante : un fumier pailleux, souvent sec, a besoin d’être arrosé ;
  • une bonne aération, favorisée par des matières grossières dans le tas ;
  • un volume suffisant : à titre indicatif, un tas de compost domestique mesure en moyenne entre 0,5 et 1,5 mètre, sans que cela constitue une norme.

La litière modifie l’équilibre carbone/azote, la rétention d’humidité et la vitesse de décomposition : les copeaux se compostent moins facilement que la paille. Les fumiers de cheval, réputés « chauds », montent aussi rapidement en température.

Source : Chambre régionale d’agriculture Provence-Alpes-Côte d’Azur et ADEME.

Comment entretenir le tas ?

Une fois le tas en place, quelques gestes font la différence :

  • surveillez l’humidité : trop d’eau bloque l’aération et crée des odeurs, un tas trop sec voit sa décomposition s’arrêter ;
  • aérez et retournez le tas lorsque c’est nécessaire, surtout au début ; il n’existe pas de fréquence universelle ;
  • protégez-le d’un dessèchement excessif comme d’une saturation en eau, par exemple à mi-ombre ; un tas exposé aux aléas climatiques demande davantage de surveillance ;
  • observez l’évolution de la matière.

Les besoins réels varient selon la taille du tas, sa composition et le climat.

Comment savoir si le compost est mûr ?

Plusieurs signes indiquent qu’un compost est arrivé à maturité : une couleur sombre, une odeur proche de la terre ou du sous-bois, une texture fine et friable, des matières d’origine difficilement reconnaissables. Le guide de l’ADEME « Comment réussir son compost ? » retient ces mêmes critères, plutôt qu’une durée fixe.

Un tas qui ne chauffe plus nettement est aussi souvent un indice utile, à prendre comme une observation parmi d’autres.

La durée nécessaire dépend du volume, du type de litière, de l’humidité, de l’aération et des retournements. À titre d’exemple, la fiche des Chambres d’agriculture évoque un compost jeune désodorisé en quelques semaines, suivi de deux à trois mois de maturation pour un compost mûr ; l’ADEME évoque, plus largement, un processus complet de deux mois à deux ans selon la méthode et le volume.

Comment utiliser le crottin composté au jardin ?

Une fois composté, le crottin de cheval peut s’utiliser de plusieurs façons au jardin :

  • en apport avant plantation ou semis, étalé en surface puis légèrement griffé ;
  • au potager, sur les massifs, ou au pied des arbres, arbustes et jeunes plantes ;
  • dans les trous de plantation, mélangé à la terre ou recouvert d’une fine couche de terre ;
  • en fine couche de surface, dans certains cas.

Les quantités dépendent de la nature de la matière, de son degré de compostage, du type de sol et des besoins de la culture. D’une manière générale, des apports modérés et réguliers valent mieux que des apports massifs.

Pour aller plus loin, la page consacrée à valoriser les fumiers pour enrichir naturellement le sol approfondit ce sujet.

Compost de crottin de cheval mûr utilisé comme amendement au jardin

Quelles précautions prendre avant d’utiliser du crottin de cheval ?

Avant d’utiliser du crottin ou du fumier de cheval, plusieurs précautions de bon sens s’imposent :

  • vérifiez la provenance de la matière ; si elle est inconnue, testez-la d’abord sur une petite surface ;
  • identifiez le type de litière éventuellement présent ;
  • stockez la matière à l’abri du lessivage par les pluies, sur un emplacement bien drainé ;
  • adoptez une hygiène de base lors de la manipulation, gants et lavage des mains, par simple précaution ;
  • renseignez-vous sur les traitements récents reçus par les chevaux : une partie des vermifuges est éliminée dans les crottins et peut affecter la faune qui participe à leur décomposition ;
  • gardez en tête que des graines indésirables peuvent résister au compostage ;
  • tenez compte de l’état de décomposition de la matière.

Source : Chambre régionale d’agriculture Provence-Alpes-Côte d’Azur ; Label EquuRES ; ADEME.

Pour les légumes consommés crus, il est généralement préférable d’utiliser une matière bien compostée plutôt que fraîche. Ces précautions restent des repères de bon sens, sans lien avec la réglementation professionnelle du stockage des effluents d’élevage.

Où trouver ou récupérer du crottin de cheval ?

Le crottin ou le fumier de cheval se trouve le plus souvent auprès des écuries, des centres équestres, de particuliers propriétaires de chevaux, ou via des petites annonces locales. Cette matière est souvent disponible, parfois même gratuite, mais son transport pèse : privilégiez une source proche de chez vous.

Avant de récupérer de la matière, quelques questions simples vous aideront :

  • s’agit-il de crottin pur ou de fumier ?
  • quelle litière est présente, s’il y en a une ?
  • depuis combien de temps est-elle stockée ?
  • a-t-elle déjà commencé à composter ?

Bien géré, ce crottin ou ce fumier récupéré localement retourne au sol sous une forme utile.